Le nouveau savoir-écrire

« Rédiger un mail, c’est facile. »
C’est faux et vous le savez très bien. Ce n’est pas vous qui fulminiez hier devant le message sibyllin de votre presta ? Une étude de terrain très sérieuse a d’ailleurs dénombré 37 « cordialement, mon c… » criés quotidiennement à travers les open spaces français. Pour écrire un bon mail, il y a des règles.

Faites court

Un mail pro n’est pas une lettre qu’on décachète au coin du feu et qu’on relit en rêvassant les jours de pluie. Définissez un objet clair, faites des phrases courtes, votre destinataire vous remerciera.

Soyez clair

Votre correspondant n’est pas un ado éperdu qui va consacrer sa journée à interpréter vos propos (« à bientôt, ça veut dire qu’il va me rappeler ? Ou alors, c’est moi qui l’appelle ? Ce presta est-il le presta de ma vie ? »). Vous avez besoin de quelque chose, dites « j’ai besoin » ;  vous avez une deadline précise, inscrivez-la en toutes lettres et en gras.

Bannissez les formules vides de sens

Bien sûr, on peut être tenté d’utiliser des tournures à la mode. Mais vous le savez la mode, c’est subjectif et surtout ça passe. Comme le sac banane ou la coupe mulet, le « bien cordialement » ne durera pas. Soyez cordiaux, c’est bien suffisant (et intemporel). Bannissez « pas de soucis », il n’y a pas de honte à écrire « oui » ou « ok ». Et que dire du « bonne réception » ? Pourquoi pas « bon reply all » , tant qu’on y est ?

Soyez poli

Dites « s’il vous plaît », « merci », ça ne mange pas de pain et ça va avec tout. Évitez les formules faussement sympas. On emploie « merci de » quand on ne laisse pas le choix à son interlocuteur. C’est une manière finalement agressive (puisque faux-cul) de l’acculer à faire quelque chose. Comparez : « Merci de m’appeler à votre retour » à « pourriez-vous m’appeler quand vous rentrerez  ? » De même réservez les « n’hésitez pas à » aux situations où votre correspondant pourrait en effet hésiter ( n’hésitez pas à m’appeler en dehors des heures d’ouverture du magasin) et pas pour déguiser un ordre ou une requête (n’hésitez pas à me prévenir si vous ne pouviez pas tenir les délais).

Oubliez les abréviations

Vous faites quoi du temps précieux que vous gagnez en écrivant « cdlt » ou « bàv » ? Si vous sauvez des vies, ne lisez pas la suite, sinon vous allez devoir faire un petit effort. Vous ne trouvez pas ça vexant, vous, de lire un message où l’on n’a même pas pris la peine d’écrire toutes les lettres d’un mot simple et court ?

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