Accepter l’échec serait-il la clé de la réussite ?

Qui n’a jamais pris de mauvaise décision ? Qui n’a jamais eu l’idée de génie, qui s’est traduite par un fiasco ?… Se tromper nous condamne-t-il à l’échec ?
Et si, au contraire, entreprendre avec succès, c’était savoir se nourrir des erreurs lorsqu’elles se présentent ?

Savoir tomber avant de pouvoir tenir seul sur un vélo

Un tiers des entreprises nouvellement créées disparaissent dans les trois années qui suivent [i] ; la moitié dans les cinq ans. Si près de 60 000 entreprises ferment chaque année [ii], 540 000 voient le jour dans le même temps, des chiffres portés notamment par le statut d’auto-entrepreneur.
Et parmi les créateurs d’entreprise, certains n’en sont pas à leur première boîte. Ayant connu l’échec, bon nombre d’entre eux se lancent à nouveau. Et il semblerait qu’ils ont raison ! Selon une étude menée par des économistes de Stanford et de l’université du Michigan [iii], les entrepreneurs qui ont échoué une première fois ont bien plus de chances de réussir à leur seconde tentative. L’étude, centrée sur les entreprises américaines, montre que  près d’un tiers (29 %) des créateurs qui ont dû fermer leur entreprise ont créé à nouveau un projet. Et ils ont pour la plupart eu du succès avec ce nouvel essai !

La peur de l’échec, principal frein à la réussite

« L’individu sait que s’il rate, il va se trouver lamentable », explique le psychanalyste Jacques Arènes, auteur de La recherche de soi. Les prétextes – « ce n’est pas mon truc » – ou les idées fixes erronées – « je ne serai heureux que le jour où je trouverai le bon partenaire, le bon poste » – viennent freiner le développement de projets. Il faut pourtant, afin d’atteindre la réussite, savoir maîtriser cette peur de l’échec. Comment ? Voici quelques pistes :

  • En identifiant l’origine de la peur. Passez en revue les croyances (parfois négatives) qui vous freinent dans votre élan. Notez-les : sont-elles vraiment insolubles ?
  • Faites-vous à l’idée que l’échec est inévitable si vous désirez vivre une vie remplie et épanouie. Peut-être est-il nécessaire de savoir accepter une situation pour pouvoir vivre la suivante ?
  • L’échec a généralement un caractère temporaire. C’est un signal qui vous montre ce qu’il faut améliorer pour réussir. Il s’agit donc d’une étape, pas d’un point final. 😉

Ces entrepreneurs célèbres qui ont connu l’échec avant la gloire

Les exemples d’entrepreneurs à succès qui sont d’abord « tombés » avant de réussir sont nombreux. En voici plusieurs, emblématiques, qui montrent bien à quel point un échec peut, paradoxalement, se révéler salvateur.

Richard Branson (Virgin Group[iv])

Le charismatique patron de la marque Virgin, avec ses longs cheveux blonds, a tout de l’entrepreneur conquérant. Il a pourtant essuyé des échecs. « Je suppose que notre plus célèbre échec a été d’essayer de concurrencer Coca-Cola pendant un an. Nous nous développions fantastiquement bien dans les magasins où nous étions présents avec nos produits. Mais ils ont envoyé un avion entier avec une équipe (en Angleterre) pour acheter tous les stocks en magasins. Ils nous ont fait disparaître des rayons. Ils ont réussi à nous écraser. La leçon à retenir : il faut être meilleur que les gens avec lesquels on rentre en concurrence. À l’époque, rien ne différenciait une canette de Coca d’une autre. Quand British Airways a voulu nous faire tomber (Virgin Airways), ils n’ont pas pu, car nous étions meilleurs, différents. [v] »

Walt Disney

Avant de produire une série de dessins animés à succès, et que son nom devienne celui d’un énorme empire, Walt Disney a pourtant connu une déconvenue. En 1919, alors qu’il travaille pour le journal The Kansas City Star, il est licencié. La raison invoquée ? Le manque d’imagination et peu de bonnes idées, figurez-vous… En 1921, alors qu’il a créé sa propre entreprise, il est contraint de la dissoudre par manque de finances[vi]. Plus tard, lorsqu’il sollicite les studios MGM pour distribuer ses dessins animés mettant en scène Mickey, la réponse est sans appel : une souris à l’écran, cela ne marchera jamais. En fait, si…

Steve Jobs (Apple)

Emblématique patron, visionnaire selon certains, disparu en 2011 à l’âge de 56 ans après avoir été le papa des Mac, iPod, iPhone et autres iPad, Steve Jobs a pourtant été viré de sa propre entreprise. En 1986, il perd son bras de fer avec le directeur général d’Apple et est remercié. Il crée une autre société, NeXT. Il fera grandir son entreprise, en rachètera une autre pour fonder Pixar, et reviendra ensuite à la tête d’Apple. La leçon à retenir ? Steve Jobs est revenu lui-même sur cet épisode [vi] : « Je ne l’ai pas vu à l’époque, mais il s’est avéré que me faire virer d’Apple fut sans doute la meilleure chose qui aurait pu m’arriver. Un échec sur le coup, mais le poids du succès a été remplacé par la légèreté de redevenir un débutant, sûr de rien. Cela m’a libéré pour entrer dans l’une des périodes les plus créatives de ma vie. »

« fail harder » (= échouer plus fort) :
expression utilisée par Mark Zuckerberg pour inciter ses équipes à tenter des projets, même s’ils doivent échouer.

L’échec peut faire partie de la vie d’une entreprise. Et quitte à échouer, autant parfois y aller franchement, pour bien apprendre. C’est ce dont est convaincu Mark Zuckerberg. Le patron de Facebook a ainsi souvent par le passé employé l’expression « fail harder » (échouer plus fort) pour s’adresser à ses nouvelles recrues ! Son but ? Inciter ses équipes à tenter des projets, même s’ils doivent échouer. C’est cela la voie de la réussite : essayer plutôt que de ne rien faire.

[i] www.insee.fr
[ii] www.europe1.fr
[iii] http://extranet.isnie.org/uploads/isnie2014/lafontaine_shaw.pdf
[iv] www.bbc.com
[v] www.wobi.com/articles/5-questions-richard-branson
[vi] www.businessinsider.com

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