Le boum de l’entrepreneuriat français

Depuis 15 ans, la courbe de la création d’entreprises françaises n’a cessé de grimper de façon affolante. D’après les analyses de Xerfi Canal, ces chiffres restent à relativiser, malgré une évolution certaine de l’état d’esprit du travailleur d’aujourd’hui.

2003 : quand chômage rime avec entrepreneuriat

Avant 2003, l’entreprenariat n’est pas un secteur sexy. Ce qui fait rêver la jeunesse, c’est le statut de fonctionnaire : une paie régulière, l’assurance d’avoir du travail toute sa vie… Et puis en 2003 le nombre de créations d’entreprises augmente de façon brutale (+ 52% par rapport à l’année précédente). 40 % de ces nouvelles entreprises sont créées par des chômeurs grâce à des mesures destinées à favoriser le retour à l’emploi. Mais ils ne sont pas seuls à bénéficier de facilités à la création. Tout est fait, au niveau financier, administratif et juridique, pour donner le goût d’entreprendre aux plus frileux.

2009 : tous entrepreneurs

En 2009, c’est la révolution ! On enregistre pour cette seule année +77% de création d’entreprises. La cause ? Le nouveau statut d’autoentrepreneur qui permet de créer son activité de façon simple et avec un régime fiscal avantageux. Le succès est tel qu’une entreprise sur deux créée cette année-là est une autoentreprise. C’est là qu’il s’agit de relativiser, car si pour certain l’autoentreprenariat est un moyen simple de démarrer une activité (« on fait d’abord ça, on verra bien si ça marche »), pour bien d’autres ce n’est qu’un complément de salaire (« et si je vendais mes confitures sur Internet ? »).

Malgré tout, il est certain que l’entreprenariat séduit de plus en plus. Passé l’attrait de la nouveauté, on constate que les autoentrepreneurs sont de plus en plus engagés dans une démarche à long terme et la création de « vraies » entreprises a repris du poil de la bête (en 2015 on prévoit plus d’une entreprise sur deux). Un besoin d’autonomie et de création épaulé par des démarches privées et publiques (espaces de coworking, incubateurs, etc.) qui devrait faire fuir définitivement le fantasme du fonctionnariat que cultivaient nos parents.

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