Un géant chinois de la chimie s’offre Pirelli

Stupeur outre Alpes, le fabricant de pneumatiques Pirelli, fleurons de l’industrie italienne, va passé sous contrôle chinois. Selon le site Reuters la stratégie n’est pas anodine, ChemChina, le géant de la chimie de l’empire du milieu, voit le moment opportun d’investir en Europe, alors que la monnaie est au plus bas et que l’économie se redresse. Une bonne solution de sortie pour le pétrolier russe Rosneft, actuel actionnaire majoritaire de la holding contrôlant Pirelli.

OPA sur Pirelli à 15 € l’action

Le plan d’attaque du chimiste chinois ChemChina consiste en un premier temps à acheter les actions que Pirelli détient dans la holding Camfin. Une OPA serait alors lancée pour 15 euros l’action, permettant selon Reuters de valoriser Pirelli à 7,1 milliards d’euros, pour un endettement d’1 milliard d’euros.

Les stratèges chinois ont réussi ce tour de passe-passe en approchant l’actuel actionnaire majoritaire de la holding Camfin, le géant du pétrole russe Rosneft. Ce dernier se trouve coupé de ses ressources habituelles par les sanctions européennes tombées après son implication dans la crise ukrainienne, et doit réduire son endettement pour se maintenir sur les rails.

ChemChina n’est pas un inconnu du pneumatique

Le groupe China National Chemical contrôle Aeolus Tyres, acteur du pneumatique déjà présent en Europe. Cette entreprise reprendra l’activité des pneus de camions et pneus industriels, avec une production prévue pour passer de 6 à 12 millions d’unités. L’Italie non plus n’est pas une inconnue pour le monde des affaires chinois. D’après les données de Thomson Reuters, les groupes industriels de l’empire du milieu en sont à leur 10e opération réalisée de l’autre côté des Alpes. L’Italie représenterait ainsi son 2e marché des acquisitions pour l’Europe, et son 5e dans le monde.

Avec un dollar désormais quasiment à parité avec l’euro, les géants de l’industrie disposant de réserves en monnaie américaine regardent le redressement de l’économie européenne d’un œil gourmand. Pragmatiques, ils se tournent vers des cibles faciles à s’approprier. Selon Natixis, banque de financement, de gestion et de services financiers, une contre-offre de concurrents occidentaux pour le rachat du géant Pirelli est peu probable.

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