La retraite complémentaire des cadres bientôt en faillite ?

Avec 2,7 millions de cadres retraités pour seulement 4 millions de cotisants, les caisses de l’Agirc sont en train de se vider. En 2014, l’organisme a perdu près de 2 milliards d’euros… et prévoit un trou de 5 milliards d’euros en 2018. Ca risque de coincer à un moment… Aujourd’hui, patronat et syndicats se réunissent pour trouver des solutions, mais leur marge de manœuvre est étroite.

1ère solution : retarder l’âge de départ en retraite

Le rapport de la Cour des Comptes sur l’avenir des retraites complémentaires, rendu publique le 18 décembre 2014, ne laissait pas de place au doute. Il faudra progressivement reculer l’âge de départ en retraite de 2 ans, ou alors permettre aux cadres de faire valoir leurs droits à 62 ans, mais pas à 100 %. L’idée est d’appliquer une décote par année, entre 62 ans et 64 ans.

C’est également la solution retenue par le Medef. Mais elle ne fait pas l’unanimité du côté des syndicats. Et de toute manière, cette mesure à elle seule risque de ne pas suffire.

2è solution : augmenter les cotisations

À moins de trouver subitement du pétrole dans les territoires français, l’Agirc risque d’être obligé d’augmenter ses cotisations et de baisser ses pensions. Les syndicats proposent une augmentation de 2,45 points de base des cotisations sur toute part de salaire supérieure à 3.170 €. Cela équivaudrait à une augmentation mensuelle de 7,40 €, sur un salaire de 4.000 € brut.

Oui mais voilà, certains pointent le risque que ces mesures débouchent sur un alourdissement du coût du travail, ce qui ferait tâche d’huile à une époque où l’on parle de choc de simplification

La Cour des Comptes souhaiterait fusionner l’Agirc et l’Arrco

Dans son rapport, la Cour des Comptes fustige les coûts de gestion des 2 organismes de retraite complémentaire, estimé à 2,7 % des cotisations. On propose donc rue Cambon de fusionner les 2 organismes, afin de diminuer les coûts. Mais à l’Agirc on ne veut même pas en entendre parler. Il faudra donc d’âpres discussions entre les représentants du patronat et les syndicats réunis dès aujourd’hui et pendant 5 mois, pour sauver la retraite des cadres.

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