Création et reprise d’entreprise : quel niveau d’apport personnel pour un prêt professionnel ?

Benjamin Ribano

Au risque d’enfoncer une porte ouverte, financer la création ou la reprise d’une entreprise sans apport personnel est illusoire. Quelles en sont les raisons ? Quel est le niveau d’apport exigé ? Qu’en est-il des proportions (apport/prêt) en fonction du projet ? Voici quelques explications qui permettent de mieux comprendre les attentes des financeurs bancaires et d’éviter de se « casser le nez ».

Un apport ? Pour quoi faire ?

Selon une enquête (réalisée par TMO Région pour l’APCE et EBP – Juillet 2013) portant sur le financement de la création d’entreprise, plus de la moitié des personnes interrogées déclarent avoir eu besoin de plus de 16.000 € pour démarrer leur activité. En détaillant ces chiffres, on observe que 21% des créateurs ont eu besoin de réunir entre 16.000 € et 39.999 €, 14% ont indiqué une somme comprise entre 40.000 € et 79.999 €, et 16% ont estimé leurs besoins à plus de 80.000 €. Par ailleurs, selon l’INSEE, seules 2 entreprises sur 3 survivent aux 3 premières années d’activité. Elles ne sont plus qu’une sur deux au bout de 5 ans. Bref, créer une entreprise est risqué et coûte de l’argent.

La banque n’a pas vocation à financer l’intégralité d’un projet de création d’entreprise et à supporter le risque qu’il revêt. Il est attendu de l’entrepreneur une réelle implication financière dans son projet. Au-delà du signal fort envoyé, il est préférable pour la nouvelle entreprise de disposer d’une relative indépendance financière, salutaire pour son développement.

La bonne proportion

Il ne semble pas exister, à ce jour, de règle établie qui permettrait de déterminer le niveau d’apport personnel optimal pour un prêt professionnel. Toutefois, selon les observateurs, la proportion de l’apport personnel oscillerait entre 30% et 50% pour le financement de création d’entreprise. L’apport personnel étant généralement destiné à financer les frais d’établissement, les honoraires, le stock, le besoin en fonds de roulement.

Dans le cas d’une reprise d’entreprise, les informations comptables de l’entreprise-cible qui dispose d’une antériorité seront des atouts pour déterminer la bonne proportion d’apport personnel.

Les prêts d’honneur pour boucler son financement

Des organismes sont amenés à intervenir en complément du financement bancaire au travers de prêts d’honneur. Généralement plafonnés et dimensionnés selon le projet, ils offrent notamment l’avantage de réduire le recours à l’emprunt bancaire, dans des conditions financières avantageuses (taux réduit, différé de remboursement…). Toutefois, comme leur nom le laisse entendre, il s’agit de prêts remboursables. Par conséquent, ils ne se substituent pas, à proprement parler, à l’apport personnel nécessaire au financement du projet dans son ensemble.

 

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