Denis KONG présente les avantages de la SCOP

Benjamin Ribano

BR : Bonjour Denis, vous êtes délégué régional pour le réseau des SCOP. Pouvez-vous nous présenter cette organisation ?

DK : Le réseau des Scop est animé au niveau national par la Confédération Générale des Scop (CGSCOP) et sur les territoires par 13 Unions Régionales (URSCOP) dont celle de Poitou-Charentes. Nos adhérents sont les sociétés coopératives et participatives de la région. Nous sommes une équipé de 4 permanents à couvrir l’ensemble des 4 départements. Nos missions consistent à promouvoir le statut coopératif, à effectuer le suivi des coopératives adhérentes et à accompagner les créateurs et repreneurs d’entreprise sous forme coopérative.

Plus précisément, les porteurs de projet peuvent nous consulter pour tout projet de :

  • Création ex-nihilo
  • Transmission d’une entreprise à ses salariés
  • Transformation d’une association ou d’une entreprise en Scop
  • Reprise d’entreprise en difficulté

BR : Concrètement qu’est-ce qu’une SCOP ?

DK : Une entreprise, une société commerciale avant tout, confrontée aux mêmes règles du marché. Les formes juridiques sont la SA ou la SARL. Une Scop est différente par son fonctionnement interne. En effet, les associés majoritaires sont les salariés. Ils doivent détenir au moins 51% du capital social et 65% des droits de vote sur le principe d’une personne, une voix.

BR : Combien compte-t-on de SCOP en Poitou Charentes ? En France ?

DK : En Poitou-Charentes, nous comptons 116 coopératives adhérentes à fin 2012. En France, la Confédération générale des Scop réunit 2 046 coopératives adhérentes à fin 2011.

BR : Quel sont les avantages d’une SCOP ?

DK : Le dirigeant est élu par et parmi les salariés associés de la Scop pour un mandat social d’une durée variable selon les Scop. A la fin du mandat, il y a une élection. La position du dirigeant est donc plus légitime puisqu’elle est issue d’un processus démocratique. Le partage du résultat est équitable :

  • une part pour les réserves de l’entreprise qui sont impartageables
  • une part pour tous les salariés, sous forme de participation et d’intéressement
  • une part pour les associés sous formes d’intérêt aux parts sociales (dividendes), facultatif

Les Scop privilégient l’outil de travail et la rémunération des travailleurs plutôt que la rémunération du capital.

BR : Et y-a-t-il des inconvénients ou des points qui méritent une attention particulière ?

DK : Dans les Scop, comme dans n’importe quelle entreprise, il y a l’organigramme classique avec les fonctions techniques des salariés et à la tête, la gérance (gérant pour les SARL ou DG/conseil d’administration pour les SA). Le management est particulier puisqu’il doit être coopératif et tenir compte de la double qualité associé salarié. En effet, la qualité d’associé pour le salarié fait que cet organigramme est inversé lors de l’assemblée générale annuelle dans lequel selon l’ordre du jour, il est question notamment l’élection du dirigeant et l’approbation de projet d’entreprise stratégique.

BR : Comment les SCOP évoluent-elles dans ce contexte économique complexe ? Résistent-elles mieux que ses sociétés cousines ?

DK : La part du résultat laissée en réserves est impartageable. La législation impose au minimum 16% du résultat mais en pratique, les Scop laissent en moyenne 40% à 45% en réserves. Impartageables, elles constituent définitivement les fonds propres de la coopérative et contribueront à pérenniser l’activité et également à amortir les pertes lors des années difficiles.

BR : Pour conclure Denis, avez-vous une maxime ou un proverbe qui vous donne de l’élan ?

DK : 2013, vivons l’entreprise autrement !

 

Merci Denis pour ces précisions sur une forme juridique d’entreprise méconnue, qui mérite pourtant toute l’attention des entrepreneurs.

Pour en savoir plus sur les SCOP, rendez-vous sur ce site : les-scop.coop

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